Nangis est un concentré d’histoire, un carrefour de vie et de passage au cœur de la plaine agricole briarde. Elle marque une frontière entre la Brie française et la Brie champenoise, matérialisée par la « haie de Nangis ».
Sources : CHAUVET E., Nangis. Recherches historiques, Provins : Charles Louage, 1910 ; FLOHIC J.-L, Le patrimoine des communes de la Seine-et-Marne, Vol. 2, Paris : FLOHIC Éditions, 2000 ; FÖRSTEL Judith, « L’église Saint-Éliphe de Rampillon. », dans Congrès archéologique de Seine-et-Marne. Paris : A. et J. Picard, 2015
Protéger les voyageurs et les marchands
Le premier texte mentionnant Nangis date de 1157, dans une bulle du pape Adrien IV. Toutefois, l’occupation de cette localité peut être beaucoup plus ancienne. À partir du Xe siècle, profitant d’une position stratégique sur les routes menant aux foires de Champagne, la forteresse du « Chastel », aujourd’hui disparue, et les avant-postes fortifiées de la « Grande » et de la « Petite-Bertèche » se développent. Il faut offrir une protection aux voyageurs, marchands et denrées. Par la suite, un second fief se développe plus au sud de la route, donnant naissance au cœur historique et battant de Nangis.
Le château de la Motte-Beauvoir, monuments d’histoire
Parmi une longue liste de châteaux qui ceinturent le domaine royal d’Île-de-France, à partir du XIIe siècle se dresse celui de Nangis. L’origine et l’évolution du château de la Motte-Beauvoir ne cessent d’intriguer ses visiteurs. Toutefois, à la différence de Rampillon ou de Châteaubleau, le château de Nangis ne fait l’objet d’aucune étude monographique. Ce désintérêt de l’Histoire de l’art peut être attribué aux multiples transformations que ce château a connues, mais qui traduisent une histoire riche et complexe.
D’abord une forteresse féodale, le château et ses dépendances ont été plusieurs fois reconfigurés, notamment entre le XVIIe et le XVIIIe siècles pour en faire le lieu de résidence princière d’un grand domaine. Nangis est en effet devenue un marquisat en 1612, privilège que le propriétaire du château perd durant la Révolution. Au début du XIXe siècle, le château résidentiel est en grande partie démoli, et il n’en subsiste que l’aile sud, trois des quatre tours d’angle et les soubassements (la tour nord-est se trouve en fait sous la chaussée). Racheté par la commune en 1860, le château est à nouveau remanié pour accueillir l’Hôtel de Ville, les équipes et services municipaux.
À côté, l’actuelle cour Émile Zola, lieu de vie et d’animations, occuperait l’emplacement des anciens communs du château, puis d’une grosse ferme au XIXe siècle. Pour y pénétrer, on passe sous une porte monumentale à bossages d’époque moderne, inscrite aux monuments historiques.
Tourelle de défense, prison ou pigeonnier ? La tour ronde qui se dresse près de l’église est localement désignée comme un « pigeonnier ». Ses dimensions, sa base talutée, sa composition en blocs de grès et la présence d’archères et de créneaux militent en faveur d’une tour de défense, peut-être du XIIIe siècle. Communiquant avec la vieille ferme du château, elle a servi comme pigeonnier dont subsistent non moins de 873 trous de boulins et l’échelle en bois. La partie basse de cette tour a aussi abrité une prison.
L’église Saint-Martin et Saint-Magne
Bel édifice classé aux monuments historiques, l’église de Nangis est, en quelque sorte, la sœur jumelle de l’église Saint-Éliphe de Rampillon.
Son style gothique paraît tout droit provenir du milieu du XIIIe siècle. Sa nef, son élévation, le dessin des arcs-boutants, ou encore son matériau en grès local de couleur grise sont très proches de l’église de Rampillon, laissant pencher à l’emploi d’une même équipe de maçons, à une même époque. L’édification est attribuée à la famille Britaud, vieille noblesse provinoise qui développe alors le village de Nangis. Au XVIIe, cinq chapelles (dont une a disparu) sont accolées au corps principal. L’église est très liée à la noblesse locale.
Des décors sculptés : comment ne pas regretter la destruction des décors sculptés des portails de l’église de Nangis ? Le portail occidental est entièrement remanié avec des décors qui paraissent néogothiques. Le portail nord laisse encore deviner un Couronnement de la Vierge, qui devait être d’une grande qualité d’exécution, probablement parisienne. Pour s’en faire une idée, l’église Saint-Éliphe de Rampillon propose le même décor sculpté demeuré intact.
Projets culturels et sauvegarde du patrimoine
La Communauté de Communes de la Brie Nangissienne a créé un parcours numérique de visite centrée autour du château du Nangis, avec un audioguide, de la réalité virtuelle et des expériences ludiques. Vous pouvez télécharger gratuitement l’application Legendr® et le parcours sur votre smartphone. Rendez-vous à la Médiathèque Claude Pasquier pour vous doter de lunettes 3D (facultatives).